Actualités
Des archives à nos jours

L’Etat et la culture

Rien n’est plus contraire aux conceptions suisses qu’un ministère des Affaires culturelles. La culture est du ressort des cantons, précise l’article 69 de la Constitution helvétique. Pour le meilleur et pour le pire ! Car si cette décentralisation favorise les initiatives locales, elle produit aussi d’énormes ratés, comme le refus de la collection von Hirsch par Bâle (vendue chez Sotheby’s) ou celui de la collection Gandur par Genève (donnée à la ville de Caen).

Mais le ministère des Affaires culturelles, crée en 1959 par le général de Gaulle pour André Malraux est loin de résoudre tous les problèmes. Les fameuses maisons de la culture, fer de lance de la démocratisation culturelle, n’ont guère rempli leur mission. Et sous les successeurs de Malraux, tout et n’importe quoi est devenu culture par la grâce de l’Etat. Une situation maintes fois dénoncée, ainsi par Marc Fumaroli (L’Etat culturel, essai sur une religion moderne, Bernard de Fallois, 1991) ou par Marcel Schneider (La Comédie de la culture, Seuil, 1993).

Maryvonne de Saint Pulgent, dans un livre remarquable, Le Gouvernement de la culture (Gallimard, 1999), a essayé d’arbitrer un débat qui, jusqu’aujourd’hui, n’a rien perdu de sa virulence. L’année Malraux doit nous donner l’occasion de remonter à ses sources et de reposer une nouvelle fois la question des rapports entre l’Etat et la culture.