La France, nation littéraire ?
De François Ier aux débuts de la Ve République, de du Bellay chantant la France « mère des arts, des armes et des lois » à Malraux ministre du général de Gaulle, la question ne se posait pas. Nombreux sont les historiens – non seulement français, mais aussi étrangers, d’ Ernst Robert Curtius à Patricia Parkhust Ferguson et à Alain-Gérard Slama – qui ont souligné le rôle joué par les écrivains dans la définition de l’identité française. Or, dans les années 1980 cette transmission séculaire est entrée en crise. Des réformes – plus catastrophiques les unes que les autres – ont définitivement ruiné l’enseignement, en France plus encore que dans les autres pays européens. Mais la France continue à honorer ses grands auteurs en les installant au Panthéon – Malraux en 1996, Dumas en 2002, Maurice Genevoix et ceux de 14 en 2019, et « France mémoire », un service rattaché à l’Institut de France, maintient la tradition des « commémorations nationales » – Molière en 2022, Pascal en 2023, le Surréalisme en 2024, Jean d’Ormesson en 2025, parmi d’autres.
2026 est une année consacrée à Mme de Sévigné, à George Sand et à Malraux. Nous commencerons donc notre saison en rendant hommage à la première grand figure de la littérature féminine. Plusieurs de ses romans viennent d’être réédités, ainsi que son chef-d’oeuvre, Histoire de ma vie. Sa demeure, à Nohant, après des années de travaux, vient de rouvrir au public, et de nombreuses publication retracent son existence mouvementée. Parmi elles, le roman de Stéphane Guégan, Les Amours de Georges (Gallimard, 2026).
Mais les valeurs patrimoniales ne nous font pas oublier l’actualité littéraire. Baptiste Liger, le directeur de Lire Magazine, vit au coeur de la littérature qui se fait mois après mois. Il viendra nous présenter ce phénomène typiquement français qu’est la rentrée littéraire, avec la course aux prix (plus nombreux que les fromages). Une toute nouvelle biographie de Tocqueville (Gallimard, 2025) nous sera présentée par Françoise Mélonio. Un sujet des plus actuels à l’époque où tant de démocratie vacillent. L’avenir de la langue française sera évoqué par un de ses meilleurs défenseurs, Frédéric Vitoux, membre éminent de la commission du dictionnaire de l’Académie. Nous évoquerons ensuite le destin du modèle d’un des plus célèbres tableaux de Renoir, La Petite Fille au ruban bleu, tableau volé par les nazis et qui est aujourd’hui au Kunsthaus de Zurich. Natalie David-Weill lui a consacré une biographie passionnante (Le Monde disparu d’Irène Cahen d’Anvers, Flammarion, 2026). Enfin, nous termineront l’année avec Stéphane Petermann, qui nous parlera de la littérature romande. Existe-t-elle (encore) ? Quel est son rapport avec la France ? Que signifie-t-elle pour la Suisse ?
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